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Chute… effondre

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C’est pour de vrai ? Ça nous arrive à nous ?

Stupeur, incrédulité, frousse glaciale. Des mots pour décliner ce qu’on ressent quand tous les repères s’effondrent. Ce que des gens qui étaient exactement comme nous ont ressenti quand une brouette pleine de billets ne suffisait plus à acheter une miche de pain. Quand tout ce qui va de soi, qu’il y ait de l’argent à la banque, un salaire à la fin du mois si on a travaillé, des provisions sur les rayonnages des magasins… quand toutes ces évidences s’écroulent.

Non, le salaire n’est pas arrivé, et de toute façon il n’y a rien à acheter. Ou juste un peu, on peut toujours faire la queue mais on n’est pas sûr d’avoir quelque chose. Quant à la banque, eh bien la banque c’est si opaque qu’on ne sait pas s’il y a ou non de l’argent, mais une chose est très claire : il n’y en a pas pour vous.

Et ces gens s’en vont, nous nous en allons d’un pas lent traîner notre stupeur un peu plus loin, retourner sans espoir les fonds de poubelle, pâle, le cœur serré et la peur…

Ou pas !

Ces scènes ont eu lieu souvent en Occident, en différents endroits et sous des formes différentes. Elles font partie de notre paysage. La faim toute simple est présente partout dans le monde. Et plutôt que ce regard gris, cette stupeur et cette passivité, on peut tout à fait envisager la parade avant. L’économie parallèle, on connaît, tout de même. La nourriture, on peut en générer, énormément. Il paraît par exemple qu’on commence à créer des sortes de fermes hydroponiques sur les toits plats des supermarchés.

Étonnant, non ? Les légumes et les fruits sont réellement frais cueillis puisqu’ils n’ont fait que descendre de quelques mètres pour atterrir dans les rayons ; ils sont réellement mûrs puisqu’ils n’ont pas eu à voyager. Des toits plats, il y en a partout, pourquoi attendre que les supermarchés nous vendent ce qu’ils ont fait pousser sur le leur ?

De l’eau, des nutriments, un support de fibres de coco, des serres. Les serres, on peut les bricoler, et se procurer le reste, ce n’est pas sorcier. Personnellement, je préfère le légume de pleine terre mais de la pleine terre n’est pas accessible à tout le monde. Des toits plats et des fibres, si. Des poules sur son balcon, des moutons au pied des tours, c’est possible.

L’abri aussi, c’est indispensable et dans les grandes villes, l’immense majorité paie un prix tout à fait démesuré pour le privilège de s’abriter. Les sans-abris sont encore une minorité mais si la proportion changeait, si le rapport commençait, tout doucement, à s’inverser, qui pourrait envisager un seul instant de faire le poids quand les sans-abris décideraient de s’abriter ? Mais enfin, que fait la police ? La police n’aurait nulle part où enfermer les hordes (qui, enfermées, seraient d’ailleurs à l’abri, objectif atteint). La police pourrait les sortir de force, ils retourneraient aussitôt prendre possession de tous ces logements vides, tous ces bureaux qu’on n’a pas pu vendre. On a vu en Espagne que les gens finissaient par obtenir de s’abriter, même s’ils n’avaient pas payé.

Et ainsi de suite, pour tous les besoins réels de la vie.

Le travail de morcellement a commencé, bien en amont. On s’excuse déjà souvent d’être pauvre, de réclamer, de ne pas être assez qualifié, de ne pas faire le bon métier, d’être chômeur. La première révolution serait de réaliser que nous avons le droit d’être là. Que la société, c’est nous. Personne n’est un poids, tout le monde est une composante.

Les puissants nous ont réduits au rang d’acheteurs ; si nous n’avons pas les moyens d’acheter, ils ne nous encouragent pas à exister. Il est insensé de vouloir exclure la majorité de la population de la société.

Il faudrait se souvenir que ces 67 personnes désignés par le rapport récent d‘Oxfam, qui détiennent un pourcentage ahurissant des richesses mondiales, n’ont pas vocation à éjecter les millions qui se partagent leurs restes. Ils prennent déjà un gros risque en concentrant autant les choses : si peu nombreux, ils sont en train de se transformer en cible.

Mais nous n’avons même pas à nous en prendre à eux : leur univers est entièrement virtuel, ils ont plongé dans un jeu vidéo. Laissons-les s’amuser à échanger des impulsions électroniques (Pan, j’achète ! Pan, tu es au pouvoir !) – à nous de reconquérir le monde concret. Peut-être bientôt, maintenant. Dès que nous aurons perdu encore un peu plus, nous retirerons nos lunettes 3D et nous verrons que tout ça n’était qu’une projection, un théâtre de marionnettes.

Juliette Bouchery

Source : http://blogs.mediapart.fr

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barrabas

Auteur : barrabas

Thank you l’Égyptien !!!

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