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On a remonté la filière des fraises

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En début de saison, les producteurs de fraises ont vu rouge contre la grande distribution en découvrant dans les rayons d’un hyper une barquette de 500 g de fraises à 79 centimes. Des fruits importés d’Espagne qui inondent le marché français. Mais à quel prix ?

fraises nord

Visite au rayon fruits et légumes de deux hypermarchés de la métropole lilloise. La grande distribution a-t-elle retenu la leçon après le coup de colère des producteurs ? Sur les quatre variétés de fraises présentées dans le premier magasin, on trouve trois fraises françaises et une fraise espagnole. En tête de gondole ce jour-là, une barquette de 500 g estampillée d’un label régional, à 1,99 €. Sur l’étiquette on lit : fraises de Phalempin, de la coopérative éponyme. Une promotion à 3,98 € le kilo.

La fraise espagnole trois fois moins chère

Sur l’étal, on trouve une autre barquette de 250 g cette fois. Des fraises gariguette « de Provence » à 2,99 €, soit 11,96 € le kilo. Même prix pour le panier de Ciflorette, une autre variété française très parfumée. Provenance : Aiguillon, dans le sud-ouest. La petite barquette de 250 g ne pèse pas lourd à côté des fraises espagnoles qui jouent les arrogantes dans leur caissette en bois de 1 kilo ! Prix : 3,99 €. Trois fois moins chères que les variétés françaises. Il en faut pour tous les budgets…

Chez l’enseigne concurrente, six barquettes sont alignées pour des prix qui varient de 5,95 € à 11,96 € le kilo. Visiblement, la grande distribution aligne ses prix. La promo du jour est à 2 € la barquette de 500 g. Toutes les variétés sont d’origine française à une exception près : une fraise belge à 6,50 € le kilo. Dans la moyenne. Pas de fraises espagnoles dans ce magasin.

Notre enquête se poursuit dans un beau magasin de primeurs installé en centre-ville. Melons et cerises volent la vedette aux fraises dont c’est pourtant la pleine saison. On nous propose deux variétés. La fraise Annabelle qui arrive de Phalempin à 4,95 € les 500 g (soit 9,90 € le kilo) et une fraise sans nom d’origine belge à 3,95 € la barquette de 500 g (7,90 € le kilo). Dans les deux cas, elles sont présentées nues – sans emballage plastique -, ce qui permet de mieux en apprécier l’aspect. Ici, pas de fraises espagnoles.

On mange 125 000 tonnes de fraises par an

Direction un discount de fruits et légumes comme il en fleurit beaucoup à Roubaix-Tourcoing. Au milieu des étals qui croulent sous la marchandise gorgée de soleil et des prix défiant toute concurrence, on reconnaît exactement la même cagette que celle de l’hyper. Ici, le kilo de fraises espagnoles est à 3 €.

Sur les 125 000 tonnes de fraises consommées en moyenne chaque année en France, 60 000 à 70 000 tonnes viennent d’Espagne contre 45 000 tonnes d’origine française selon l’Association des organisations de producteurs nationale Fraise. Sur le marché des fraises d’importation, le prix producteur de la barquette de 500 g de fraises espagnoles se vend en moyenne 1,90 €. Un prix largement en deçà de la même barquette de fraises d’origine française qui s’échange autour de 7 €.

Filière espagnole: des fruits qui sentent le soufre

On a cherché à en savoir plus sur les fraises espagnoles vendues dans cet hyper et chez le discounter. Grâce aux informations relevées sur l’étiquette, nous avons remonté la piste du producteur. Un industriel basé dans la province de Huelva, dans le sud-ouest de l’Espagne. Dans cette région littorale, les fraises sont qualifiées « d’or rouge ». Elles sont cultivées toute l’année sous des milliers d’hectares de serre. Les exploitations agricoles tournent à plein régime sur le dos d’une main d’œuvre précaire venue d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Des fraises cultivées hors sol avec tous les vices de l’agriculture industrielle pour égayer nos étals en plein hiver.

Bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive sur plusieurs années, les plants sont détruits chaque année. La terre sableuse de cette région est nettoyée et stérilisée avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Du poison pour la santé des travailleurs : il attaque les alvéoles pulmonaires et la peau. C’est ce qu’a révélé une enquête de WWF France. Les associations écologistes n’hésitent pas à parler de bombe à retardement.

Sur le plan sanitaire, le constat fait également froid dans le dos. En 2005, la DGCCRF (la direction des fraudes) a trouvé des traces de pesticides dans 76 % des barquettes. En Suisse, un laboratoire indépendant a récemment analysé douze lots de fraises andalouses achetés dans la grande distribution. Outre l’abondance de fongicides et de pesticides, les analyses ont également révélé la présence de soufre.

Mangez des fraises d’ici ! (Nord Pas de Calais)

Ferme des 4 vents, Sailly-lez-Lannoy. Guillaume Dubus, maraîcher traditionnel, cultive des variétés de saison (Darselect, Florence, Cijosée et Annabelle). Des fraises vendues entre 3 et 3,50 € la barquette de 500 g dans le magasin de l’exploitation ou sur les marchés de Villeneuve d’Ascq. Le petit plus : vous pouvez cueillir vos fraises vous-mêmes de mai à octobre.

Ferme du Meunier, Willems. Les endives de pleine terre font la réputation de cette exploitation. Mais Catherine et Michel Brame sont aussi très connus pour leurs fraises vendues chez eux et dans les coopératives. Ils cultivent la fraise Annabelle, une variété sucrée et très parfumée. Cultivée hors-sol car très fragile, elle pousse jusqu’aux premières gelées. Comptez entre 3 et 4 € la barquette.

Ferme des Bois, Wervicq-Sud. Depuis une quinzaine d’années, la famille Renard cultive des fraises de pleine terre, la Elsampa et la Darselect. «  Elles sont cueillies le matin et vendues dans la journée  » insistent les exploitants. La production se concentre essentiellement sur mai et juin dans cette exploitation agricole. Comptez 2,50 € la barquette de 500 g.

Aux Paniers de Léa.com. Cette start-up vend des fruits et légumes sélectionnés exclusivement chez les producteurs locaux. Elle se déplace sur votre lieu de travail dans l’esprit du food-truck. Comptez 2,50 € la barquette de 500 g de fraises de Phalempin. Calendrier en ligne.

Trois questions à… Jacques Rouchaussé, président de l’association des producteurs de légumes de France

En début de saison, vous avez menacé la grande distribution de faire des descentes dans les hypers qui cassaient le prix des fraises. Vos menaces ont-elles porté leurs fruits ? La fameuse promotion à 79 centimes n’a pas été reconduite. Nous avons rencontré les distributeurs pour leur expliquer que ces pratiques étaient non seulement de la concurrence déloyale mais surtout la mort de nos petits producteurs.

Que savez-vous des conditions dans lesquelles sont produites ces fraises ? D’autres fruits sont-ils concernés ? Avec des substances que nous ne pouvons pas utiliser en France et une main d’œuvre extrêmement précaire. Et cela rejaillit fatalement sur l’image de nos produits. On retrouve les mêmes filières sur le marché du melon. C’est très difficile pour nos producteurs de lutter contre les productions espagnoles. Les producteurs français privilégient la qualité à la quantité. Sur les fraises par exemple, la fraise espagnole produit deux fois plus que nos variétés qui ont des saveurs incomparables.

À qui la faute ? L’Europe, la grande distribution, le consommateur ? Les torts sont partagés. Le consommateur veut manger de tout et toute l’année. Manger des fraises à Noël, ce n’est pas normal. Il faut revenir aux fondamentaux en commençant par acheter des fruits et légumes de saison, acheter ses carottes en vrac et les râper soi-même… De son côté, la grande distribution se livre une guerre impitoyable pour faire les prix les plus bas. Résultat : les prix sont déconnectés de la réalité. Néanmoins, on sent une prise de conscience. L’origine France est de plus en plus prisée.

Source : http://www.nordeclair.fr

Hydrobox.com, Growshop.

barrabas

Auteur : barrabas

Thank you l’Égyptien !!!

Un Commentaire

  1. Bonjour Barrabas,

    le 13/03 nous allons accueillir chez nous, à la Maison des Acteurs du Paris durable, une rencontre des fermes urbaines. Agnès JOLY de Macadam Farms est l’une des intervenantes. Cet événement, comme tous ceux qu’on organise ici, est gratuit et ouvert à tous.

    Vous avez sur ce blog un image interessant d’aquaponie (poissons à gauche et salades à droite). Est-ce que vous me donneriez l’autorisation de l’utiliser sur la page de notre site qui va parler de l’événement?
    Vous êtes très chaleureusement invité, donnez moi votre adresse pour que je puisse vous envoyer les détails.
    merci d’avance,
    Cordialement,
    Nous serions

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