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Frais Vallon AOC, l’école d’agriculture urbaine de Marseille

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«L’architecture raconte ce processus : dans la serre géante habitée par 35 familles, les habitants cultivent au-dessus de la grande halle où les étudiants vendent les produits frais de Frais Vallon», explique Yannick Blaise dans son projet de diplôme. Il y a, dans cette école d’agriculture urbaine de Marseille de Frais Vallon, un peu d’utopie et beaucoup de poésie.

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Frais Vallon. Cette cité des quartiers Nord de Marseille compte 6 000 habitants sur une parcelle aussi grande que le Vieux Port. A l’origine, Frais Vallon est prévue pour loger les habitants de la cité d’urgence de Sainte Anne, les rapatriés et une partie des bidonvilles marseillais. Dans les années 1960, 1 463 logements sortent de terre sur un terrain de 24 hectares où tous les agriculteurs et habitants sont priés de partir.

On raconte que la ville choisit de nommer la cité Frais Vallon en hommage à la famille Valon qui habitait à l’époque une bastide non loin de là. Depuis, Frais Vallon a subi les crises économiques et n’a pas été épargné par les difficultés qui pèsent sur les quartiers Nord de Marseille…  Pourtant, frais Vallon est situé à un carrefour stratégique à l’échelle de la future métropole. Mais le chantier de la L2 pince un peu plus la cité entre les infrastructures routières et l’isole paradoxalement du reste de la ville.

A Frais Vallon, la L2 passe aujourd’hui sur un viaduc déjà construit qui n’attend plus que le bitume. Le projet propose la couverture avec un étage supplémentaire à l’image des ponts américains, qui mêle ici tramway et agriculture tout en emprisonnant le bruit de la future autoroute. L’étage se glisse dans la topographie accidenté du site et connecte le quartier à l’échelle du territoire par un parcours cinématique qui embrasse la ville.

Yannick-Blaise-axono.jpgAu cœur de la cité, une opération de couture urbaine révèle le patrimoine architectural et historique du quartier. Les anciens tracés agricoles qui reliaient le village de la Rose à la colline sont ressuscités avec des nouvelles rues nommées. La densité est triplée en plusieurs phases pour atteindre 2 000 logements mixtes supplémentaires tout en préservant l’identité et l’écriture de la cité. De larges perspectives cadrent les bâtiments existants pratiquement tous conservés, là où plusieurs générations de marseillais ont grandi et vécu.

L’école d’agriculture urbaine est l’équipement métropolitain du quartier. C’est le point de départ de la transformation de la cité avec la création d’îlots mixtes où l’école côtoient des nouveaux logements sur un mode de vie autour de l’agriculture. On y forme des emplois variés qui participent à l’alternative économique proposé par le plan guide, de l’horticulteur au chercheur en culture hors sol…

L’architecture raconte ce processus : dans la serre géante habitée par 35 familles, les habitants cultivent au-dessus de la grande halle où les étudiants vendent les produits frais de Frais Vallon. Les dispositifs climatiques sont pensés comme des éléments à part entière du scénario : les parois vitrés repliables garantissent un confort toute l’année et créent des reflets de la cité changeant au gré des saisons.

10-Coupe-intervention-urbaine.jpgDans l’îlot principal de l’école, l’utilisation du béton au cœur de la cité est une manière de réconcilier les habitants avec ce matériau noble si méditerranéen. Les planches de coffrages récupérées constituent des cabanes dans la colline pour les jardins familiaux.  Le cœur d’îlot est traité comme un oasis urbain où les étudiants s’adonnent à cultiver. Le programme de l’école constitue aussi un moyen de rénover les barres et les tours du quartier : la serre de culture aéroponique de pomme de terre construite sur le toit de la plus longue barre de la cité permet la réparation de la toiture tout en préservant le foncier.

Les habitants de Frais Vallon ont forgé au fil des années une identité forte avec le centre social et les associations. Défilés de mode, tournois sportifs, excursions artistiques, webradio ont rythmé la vie du quartier pendant des années malgré l’isolement grandissant. Ce scénario agricole propose de poursuivre l’histoire en l’ancrant dans un avenir métropolitain.

 

Yannick Blaise
Source : http://www.lecourrierdelarchitecte.com

barrabas

Auteur : barrabas

Thank you l’Égyptien !!!

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