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Champignons et bactéries bénéfiques

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Champignons et bactéries bénéfiques

Pendant longtemps, on a déclarer que les supports de culture utilisé en hydroponie doivent être inerte d’un point de vue biologique, c’est à dire ne pas contenir d’être vivants, et de micro-organismes en particulier. En effet, ceux-ci peuvent entrer en interaction avec le substrat (dégradation mécanique), la solution nutritive (consommation ou production d’éléments minéraux) ou même la plante (maladies) de manière à ce que l’horticulteur n’a plus la maîtrise totale de son système de production.

Mais à l’instar des serres où hormis l’espèce cultivée, l’espace de culture était un désert biologique (utilisation de pesticides) et où aujourd’hui on introduit des êtres vivants auxiliaires de culture, on apporte des micro-organismes dans le substrat qui vont avoir une action bénéfique sur la culture.

En effet, on s’est rendu compte que même si au début de la culture les supports de culture sont inertes, ils sont au fur et à mesure colonisés par toute une faune et flore : algues, champignons, bactéries, nématodes, larves d’insectes qui peuvent être néfastes pour les plantes.

L’introduction de micro-organismes dans le support de culture a plusieurs objectifs pour l’horticulteur

Lutte contre les ravageurs et maladies :

– Dans un premier temps, les êtres-vivants auxiliaires vont prendre l’espace et la nourriture présent à la place d’organismes potentiellement pathogène. Les champignons par exemple sont comme des êtres hétérotrophes (ils ne peuvent synthétiser le carbone qu’il trouve dans la matière organique) qui trouvent leur nourriture dans les tissus des végétaux : ils peuvent dégrader la matière organique morte (comme les racines) ou encore s’attaquer aux tissus vivant et infliger des dégâts sur les plantes. L’installation d’un champignon antagoniste va donc dégrader la matière organique mais on sait, qu’il n’occasionnera pas de dégât sur les végétaux cultivés.

L’implantation et le développement de ces pathogènes est réduit par l’antagoniste (concurrence pour l’abris et la nourriture), ce qui limite les dégâts sur la culture. Ces micro-organismes introduit dans le substrat sont considérés comme bénéfique car même s’ils n’agissent pas directement sur la plante, ils leurs assurent une certaine « assurance de protection » contre des organismes qui eux, peuvent agir de façon négative sur la plante. Ces êtres vivants sont des champignons et bactéries qui luttent contre d’autres organismes fongiques et bactériens.

 – D’autres micro-organismes vont participer à une lutte active contre les pathogènes en sécrétant des substances nocives pour les ravageurs. C’est le cas du Trichoderma qui empêche le développement du mycélium du fusarium, champignon responsable de la pourriture des racines et du collet des plantes. (Khaled Hibar et al) (Cf, trichoderma et antagonismes sur fusarium.pdf )

Ces micro-organismes sont particulièrement intéressant d’utilisation dans les systèmes à circuit fermé et dans les solutions nutritives désinfectées. (En effet, il se crée un vide biologique après un traitement de désinfection : si les conditions chimiques, physiques de la soupe nutritive conviennent, il n’y a pas de limites au développement du premier organisme tombant dans le liquide, pour peu qu’il soit nocif pour les plantes, la désinfection aura eu une action très limitée : tout éliminer pour favoriser le développement d’un micro-organisme. Ainsi on préfère installer un organisme non nocif dans l’objectif de limiter la population du pathogène par un équilibre entre différentes populations d’êtres vivants.

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 Les êtres vivants microscopiques peuvent participer à la nutrition des plantes.

Les champignons, actinomycètes (sont des bactéries mais dont les filaments ramifiées leurs donnent l’aspect de moisissures) les bactéries vont avoir une influence sur les nutriments (organique et minéraux) présent dans sur le substrat et leur assimilation par les plantes.

Ainsi, les champignons et actinomycètes s’attaquent aux débris organiques et dégradent les substances les plus résistantes (cellulose et lignine) préparant ainsi le terrain pour les bactéries. Celles-ci vont transformer les minéraux issus de la décomposition de la matière organique en nutriments utilisable par les plantes. (c’est comme une « coopération » entre les membres des différents règnes du vivant).

 Les micro-organismes participent activement à la nutrition minérale des végétaux: Le cas le plus parlant est certainement l’association à bénéfices réciproque des plantes de la famille des fabacées avec une bactérie (Rhizobium). La plante fournit aux bactéries des substances carbonées. En contre partie la plante reçoit les protéines fabriquées par les bactéries. Celles-ci leur fournissent en plus aux plantes des hormones promouvant la croissance des plantes.

Ce mode de fixation de l’azote est limité aux plante de la famille des fabacées et quelques représentant ponctuels de différentes familles comme le Filao, l’Aulne, l’Argousier, l’Olivier de Bohême…que des plantes cultivées en hydroponiques.

 Les mycorhizes sont des associations également symbiotiques. C’est l’union plus ou moins intime de champignons avec les racines des plantes. Les plantes fournissent le carbone sous forme de sucres et différentes molécules de croissance. En échange le mycélium du champignon augmente le volume de substrat prospectées par les racines. L’eau et les nutriments minéraux sont aisément transportés vers la plante. L’assimilation des minéraux est largement amélioré grâce à une meilleur solubilisation des minéraux. Ainsi, les plantes mycorhizées ont une meilleur assimilation en minéraux par rapport à des plantes non mycorhizées : +75% pour le potassium, +86% pour l’azote, +200% pour le phosphore, minéral peu soluble. (Soltner, Tome I) Le champignon fournit aussi quelques substances de croissance comme des hormones. Enfin les champignons augmentent la densité de bactéries à proximité des racines. Certaines bactéries ont aussi une action positive sur les plantes.

 Les bactéries qui nous intéresse d’un point de vue agronomique sont surtout celles qui fixent l’azote contenu dans la phase gazeuse du support de culture. Ces micro-organismes sont transformé après différentes étapes en nitrate après leur mort par les décomposeurs. Dans le sol, les quantités d’azote fixé chaque année sont modeste mais joue à un rôle dans le milieu naturel: de l’ordre de quelques kilos jusqu’à une trentaine de kilo d’azote fixé par hectare. Elles apprécient un pH neutre à légèrement acide. Ces bactéries fixatrices d’azote sont constitués des Pseudomonas, Azotobacter, Clodistrium et Bacillus etc. Il y a peu d’études concernant l’utilisation de micro-organismes dans les systèmes hydroponiques, mais il est probable que leur utilisation se développera à l’avenir en voyant les bénéfices qu’ils apportent dans la nutrition (facilité d’assimilation) et de protection contre les pathogènes.

Un Commentaire

  1. Eh oui les champignons et les bactéries peuvent vraiment rendre service à la culture. Comme mentionné plus haut, une meilleure assimilation des nutriments ainsi qu’une meilleure résistance général de la plante contre nuisible et autres agents pathogène. Il existe sur le marché certain produits qui contiennent des bactéries et micro organismes, par exemple le Biofiltre de chez GHE qui fonctionne avec du « subculture » (produit arrêté depuis peu) ou du BM (Bioponic Mix, mélange de trichoderma harzanium à haute concentration) sont disponible dans la plupart des growshops dignent de ce nom. Les canadiens ne sont pas en reste avec la fameuse formule « Piranha + Tarantula + Voodoo Juice » (trichoderma, bactéries bénéfiques et nourriture pour ces derniers). Lorsqu’on utilise ces produits même individuellement on peut constater une nette amélioration du système racinaire ainsi que de la vigueur de la plante. Ces produits sont un must have pour tout cultivateur à la recherche des meilleurs performances.

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