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Aquaponie : La concéption générale du système

| 3 commentaires

Choix au démarrage

Vous avez probablement erré sur l’internet à la recherche d’un maximum d’information pour démarrer votre système. La plupart des informations sont en langue anglaise, et beaucoup se contredisent.
Au moment de passer réellement à l’action difficile de savoir par quel bout commencer. Je vous propose ici de vous livrer la synthèse de mes recherches sur l’architecture globale du système.

Je parle ici seulement de bacs de culture contenant un substrat. D’autres techniques NFT, DWC seront évoquées dans un autre article.
Il y a  vraiment de nombreuses possibilités. Ces choix de design que vous ferez au début conditionneront les possibilités d’évolution futures de votre système.

La hauteur relative des éléments

Le premier choix tient à la hauteur relative entre le bassin à poissons et les bacs de culture.
Afin de faire ce choix, on tiendra compte de différents facteurs :
La hauteur du bac de culture est prédominante : pour entretenir correctement les pantes, il est idéal de travailler à hauteur d’homme debout, ou alors de laisser des espaces restreints entre bacs parallèles pour s’assoir comme lorsqu’on travaille avec des buttes surélevées en terre. On pensera aussi à ménager dans la mesure du possible une circulation tout autour du bac de culture. On a tous naturellement tendance à la paresse… des plantes facilement accessibles seront forcément plus choyées.
On tentera donc de positionner le niveau haut du média de culture à 80-90 cm de hauteur : comme le plan de travail de votre cuisine environ. A cette hauteur, on a bien l’oeil sur les plantules ou les semis direct. Si quelques limaces escargots ou autres indésirables sont à l’oeuvre, on les repère facilement et on ne leur laisse pas le temps de trop se développer.
J’en profite pour vous recommander de vous arranger pour pouvoir circuler tout autour du bac de culture. Mes premiers bacs étaient collés à la paroi de la serre. Les attaques d’insectes ou de « baveux » démarraient toujours par là parce qu’ils pouvaient grimper à la paroi pour atteindre les plantes.

Ne pas négliger la structure

Caler les bacs à cette hauteur nécessite quelques précautions : le poids d’un bac contenant un substrat lourd type gravier, le tout rempli d’eau atteindra des densités de 2000 kg/m3 soit 200 kg pour un demi baril bleu de 200l …
La structure supportant le tout devra donc être particulièrement robuste… A ce poids là, vous aurez également compris qu’une fois en place, il n’est pas si simple de le déplacer même légèrement ensuite…
J’ajoute aussi qu’il faut absolument que chaque bac de culture soit parfaitement de niveau. J’ai eu aussi quelques déboires là-dessus.
On doit maintenant positionner le bassin à poissons.
Selon que son niveau (hauteur d’eau) sera au dessus ou au dessous de celui deux architectures se dessinent.
Je vous présente chacune de ces options ci-dessous.

1/ Système à marée simple :

C’est le plus simple des systèmes. Le niveau d’eau (haut) du bac à poisson est plus bas que le bas du bac de culture.

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C’est le plus simple car c’est celui qui a le moins de composants. C’est donc probablement le moins cher.

Il présente cependant quelques contraintes :

Si votre bassin à poisson est relativement haut  (genre IBC ou « tonne à eau » à 1,10m de hauteur), il faudra probablement l’enterrer au moins en partie. Ou alors avoir les bacs de culture assez haut.
Avec 30cm de substrat, le niveau haut du bac de culture sera au minimum à 1,40 m de hauteur. Parfait pour les salades, mais si vous avez de beaux plants de tomates à 1,50 de hauteur, on est rendu à 2, 90, il vous faut une échelle pour attraper celles du haut.…  pas simple pour les plus petits d’entre nous !
Caler solidement les lourds bacs de culture à cette hauteur peut aussi représenter un certain défi technique.
 Avec ce système, la pompe est directement dans le bac à poisson. Il faudra prévoir une protection afin d’éviter de voir vos petits bébés aspirés par la pompe. Par ailleurs, comme la quantité d’eau présente dans les bacs de culture varie au cours du cycle de marée, le niveau du bac à poisson variera également au cours du cycle de marée. Vous ne voulez pas voir vos poissons se retrouver à nager dans 10cm d’eau au cours du cycle, ce qui risque de passablement les stresser !
Cette difficulté initiale est aisément surmontée lorsqu’elle est anticipée. Mais votre système, aura immanquablement un jour des velléités de s’étendre (si si, vous verrez…).
La multiplication des bacs de cultures tend à augmenter le phénomène de variation de niveau dans le bassin à poissons. Jusqu’à une certaine limite ou il ne vous sera plus possible d’étendre.

En résumé :

Cette architecture :
  • est parfaite pour débuter du fait de sa simplicité
  • est probablement la moins coûteuse
  • est adaptée à des plantes basses, ou il vous faudra enterrer le bassin à poisson (ce qui peut présenter des avantages, à venir autre article)
  • est assez limitée dans ses possibilités d’extension

 

2/ Système CHIFT PIST ou CHOP :

Ces acronymes barbares viennent d’Australie ou des US, en version originale ça donne :
CHIFT PIST / CHOP : Constant Height IFish Tank – Pump ISump Tank / Constant HeightOne Pump
Le niveau d’eau du bassin à poisson est au-dessus du niveau haut du bac de culture.
On ajoute un puisard au système afin d’avoir un point bas et d’y mettre la pompe. On fiche ainsi la paix à nos poissons. Le niveau d’eau devient constant dans leur bassin, ce qu’ils apprécient bien.

Un puisard comme volume-tampon

Le puisard prend le rôle de « tampon de niveau » qu’assurait le bassin à poissons dans le système précédent. Le dimensionnement de la capacité du puisard est délicat si vous utilisez un système à marée avec des variations de volume d’eau dans le bac de culture. En effet, pour parer à toute éventualité, il faudrait considérer les cas extrêmes ou l’ensemble des bacs de culture sont synchronisés au niveau de leur cycle de marée.
On peut avoir alors :
Trop peu d’eau. Les bacs se remplissent tous au même moment, asséchant le puisard et laissant la pompe tourner à vide : c’est la surchauffe !
D’autre part les bacs de cultures se retrouvent insuffisamment remplis et ne se siphonnent donc pas : arrêt du système jusqu’à avoir cramé la pompe.
– Trop d’eau.  Les bacs se vident tous au même moment, le puisard n’a pas la capacité d’absorber toute cette eau, et il déborde. vous perdez une partie de l’eau du système et risquez de vous retrouver dans le cas ci-dessus au prochain cycle
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Dimensionner le puisard

Dans la pratique, plusieurs approches par rapport à ces risques.
– la probabilité d’avoir tous vos bacs de culture se vidant exactement au même moment est infime
– vous avez peur de la catastrophe et vous dimensionnez en fonction de ces deux extrêmes
Sur une granulométrie de substrat très régulière type billes d’argile (cas défavorable), environ 40% du volume du bac est effectivement occupé par de l’eau. Le puisard devrait donc avoir une capacité de 40% du volume total de bacs de culture (+ volume de plomberie, probablement négligeable en proportion).
Voilà de bons éléments de réflexion sur l’architecture globale de votre système quel que soit sa taille, à vous de cogiter !
N’hésitez pas à commenter ou demander des précisions, je m’efforcerai d’éclaircir ou de compléter.

Mister GREG d’aquaponie.net (merci à lui)

Téléchargez le guide sur aquaponie.et

barrabas

Auteur : barrabas

Thank you l’Égyptien !!!

3 Commentaires

  1. Merci beaucoup, pour ce petit didacticiel qui est au poil , (ou plutôt en écailles …), très lisible et clair.
    J’ai hâte de mettre en pratique …

  2. Fuji

    C’est possible de mettre des requins en aquaponie :p???

  3. Bonjour
    Depuis hier soir ou j’ai vu pour la première le principe de l’aquaponie, je n’arrête pas d’y penser.
    Je voudrais savoir quelle type de lampe il faudrait utiliser.
    J’aimerais savoir aussi a partir de quel taille on peut espère avoir un système viable ?
    J’aimerais créé les bacs en bois, pensez vous qu’un certains type de bois serrais mieux qu’un autre ?
    Au plaisir d’avoir ces informations, je vous remercie de nous faire partager toutes ces info préciser et détaillé

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